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Shampoing, crème de douche : pourquoi mes produits liquides n'ont rien à voir avec ceux du supermarché

il y a 17 heures
3 min de lecture

On a tous grandi avec. Le flacon dans la douche, la mousse abondante, le parfum qui tient trois jours. C'est devenu tellement normal que plus personne ne se pose la question : qu'est-ce qu'il y a vraiment là-dedans ?

La gamme de produits liquides de la Savonnerie Julien & Vos Savons : shampoings et crème de douche

La réponse va peut-être vous surprendre. Dans l'immense majorité des shampoings et gels douche vendus aujourd'hui, il n'y a pas une goutte de savon.

Ce qu'on appelle « shampoing » depuis les années 50

Le vrai savon existe depuis des millénaires : on fait réagir un corps gras avec un alcali, et on obtient du savon. C'est tout.

À partir des années 1930, puis massivement dans les décennies d'après-guerre, l'industrie a remplacé ce savon par des tensioactifs de synthèse issus de la pétrochimie — les fameux sulfates, SLS et SLES, qu'on retrouve encore aujourd'hui dans la plupart des flacons. Pourquoi ? Parce qu'ils moussent beaucoup dans une eau calcaire, qu'ils coûtent moins cher à produire, qu'ils se conservent indéfiniment et qu'on peut les colorer et les parfumer à volonté.

Ce n'est pas un scandale, c'est de la logique industrielle. Mais appelons les choses par leur nom : ce sont des détergents, pas des savons. Et une fois qu'on ajoute les agents moussants, les épaississants, les conservateurs, les parfums de synthèse et les colorants, on arrive facilement à vingt ou trente ingrédients dans une bouteille dont la fonction principale est de laver.

Ma méthode : la saponification à la potasse

Dans mon atelier de Crottet, je fabrique mes produits liquides exactement comme je fabrique mes savons solides — en saponifiant des huiles végétales. La seule différence tient à l'alcali utilisé : la soude donne un savon dur, la potasse donne un savon souple, donc liquide.

Concrètement, je fais réagir des huiles de tournesol, de coco et de ricin issues de l'agriculture biologique avec de la potasse. La réaction transforme les huiles en savon, et produit naturellement de la glycérine — cette même glycérine que l'industrie a pris l'habitude d'extraire pour la revendre ailleurs, et qui reste ici dans le produit, où elle hydrate la peau et les cheveux.

Ensuite, j'épaissis avec de la gomme de guar, et j'ajoute selon la recette une argile et, éventuellement, des huiles essentielles. C'est tout. Une composition tient en une ligne, et chaque ingrédient a une raison d'être.

Le tout est fabriqué sous la mention Nature & Progrès, un cahier des charges qui encadre à la fois le choix des matières premières et les méthodes de fabrication.

Trois produits, une même base

Shampoing liquide crème neutre au ricin, brocolis, guimauve et argile rassoul

Le shampoing liquide crème neutre est ma recette la plus dépouillée : huile de ricin pour renforcer les racines, huile de brocolis comme alternative végétale aux silicones, poudre de guimauve pour démêler et apaiser, argile rassoul pour nettoyer sans agresser. Sans parfum, sans huile essentielle, sans sulfates — c'est celui que je conseille pour les cuirs chevelus sensibles, les femmes enceintes ou allaitantes, et les enfants.

Shampoing liquide artisanal à la lavande et au romarin

Le shampoing liquide à la lavande et au romarin reprend cette base et y ajoute une synergie de lavande, romarin et ylang-ylang. Même douceur, avec une odeur de garrigue en plus.

Crème de douche artisanale florale et citronnée à l'argile rouge

La crème de douche florale et citronnée est construite sur le même principe, avec de l'argile rouge et des huiles essentielles de palmarosa, géranium rosat et lemongrass. C'est l'alternative directe au gel douche du commerce.

Les trois existent en flacon de 500 ml et en bidon de 2 litres.

Mon conseil : pensez au rinçage

Un vrai savon est légèrement alcalin, alors qu'un shampoing industriel est ajusté autour d'un pH acide. Pour certains cheveux, surtout longs ou colorés, ça change la sensation au premier lavage.

La solution est vieille comme le monde : une eau de rinçage vinaigrée. Une cuillerée à soupe de vinaigre de cidre dans un litre d'eau froide, en dernier rinçage. Les écailles se referment, les cheveux brillent, et l'odeur disparaît au séchage. Laissez aussi deux ou trois semaines à votre cuir chevelu pour s'habituer : c'est le temps qu'il faut pour qu'il retrouve son rythme après des années de détergents.

Le point qui me dérange encore : l'emballage

Je préfère être honnête : à ce jour, le seul défaut de ces produits, à mes yeux, c'est le flacon.

Le contenu est biodégradable, fabriqué à quelques kilomètres de chez vous, avec des matières premières bio. Et il est conditionné dans du plastique. J'ai choisi du plastique recyclé, ce qui limite l'impact, mais ça reste du plastique, et ça me gêne.

Shampoing liquide en bidon de 2 litres, format recharge

C'est aussi pour ça que je propose le format 2 litres : à quantité égale, c'est nettement moins d'emballage qu'en flacons de 500 ml, et c'est moins cher au litre. Le geste le plus simple reste de garder votre flacon vide et de le remplir à partir du bidon.

Je continue de chercher mieux. Si vous avez des idées, ou si vous avez essayé des solutions qui fonctionnent chez vous, écrivez-moi : c'est le genre de sujet sur lequel j'apprends beaucoup en discutant avec vous.

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